Directrice du volume

Molly Warnock  est une critique d'art et historienne de l'art basée à Baltimore. Auteure de Simon Hantaï and the Reserves of Painting (Pennsylvania State University Press, 2020) et de Penser la peinture : Simon Hantaï (Gallimard, 2012), elle a rédigé un essai sur la peinture de Martin Barré des années 1972-1977 pour le catalogue de la rétrospective du peintre au Centre Georges Pompidou. D'autres articles ont paru dans Artforum, Art in America, Les Cahiers du Musée National d'Art Moderne, Tate Papers, Journal of Contemporary Painting, et sur nonsite.org, ainsi que dans de nombreux catalogues d'expositions présentées en Europe et aux États-Unis. Durant la saison 2020-2021, elle est chercheuse associée (Ailsa Mellon Bruce Visiting Fellow) au Center for Advanced Study in the Visual Arts, Washington.

Contributeurs

Julie Ault (née en 1957, à Boston) fait souvent usage des modalités de la pratique curatoriale et éditoriale dans son art. Son travail prend la forme d’organisation d’expositions, de rédaction de textes théoriques et critiques sur l’art ou de chroniques historiques. Elle explore la façon dont l’art modèle les circonstances politiques, socio-économiques et culturelles d’un moment donné, et réciproquement. Elle a co-fondé le collectif new-yorkais Group Material (actif entre 1979 et 1996). Plus récemment, Ault a entrepris une collecte de renseignements et de documents susceptibles de donner vie à une histoire plurielle de l’activisme en art. L’exposition Paper Mirror : Nancy Spero au Museo Tamayo et au MoMA PS1 (2018-2019) et la publication de In Part : Writings by Julie Ault (Dancing Foxes Press et Galerie Buchholz, New York, 2017) comptent parmi ses réalisations les plus récentes. Ault a été lauréate du prix MacArthur en 2018.

Sarah Crowner, née en 1974 à Philadelphie, vit et travaille à Brooklyn. L’éventail de sa pratique est large, qui va de la peinture à la sculpture en passant par la céramique et la réalisation de rideaux de théâtre. Graphiques et colorées, ses toiles, comme ses carrelages muraux, incorporent des formes empruntées à l’architecture, la nature, l’art et le design du XXe siècle. Ses tableaux cousus sont faits d’une alternance de morceaux de toile peinte et brute qu’elle assemble à l’aide d’une machine à coudre, exposant ainsi le processus de composition et de construction de l’œuvre. Son travail, qui a déjà fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives de par le monde, a donné lieu à une importante rétrospective au MASS MoCA en 2016-17. Ses œuvres ont trouvé place dans de nombreuses collections publiques et privées, dont celles du MoMA (New York) et du Walker Art Center (Minneapolis). Sarah Crowner est représentée, à New York, par la Casey Kaplan Gallery, et à Londres et Hong Kong, par la Simon Lee Gallery.   

Odili Donald Odita, né en 1966 à Enugu (Nigéria), vit et travaille à Philadelphie. Peintre abstrait, il explore la couleur sous l’angle double du contexte historique de la figuration et des conditions socio-politiques. Il est principalement connu pour ses immenses compositions kaléidoscopiques aux couleurs éclatantes, qu’il utilise comme un miroir de la condition humaine. Pour Odita, la couleur est à la fois un phénomène en soi et un instrument permettant de donner à voir la complexité du monde. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment au Virginia Museum of Fine Arts de Richmond (2020-21) ; au Laumeier Sculpture Park (Outdoor Galleries, Northern Grove) de Saint Louis (2020) ; à l’Institute of Contemporary Art de Miami (2019-21) ; au Nasher Museum of Art de l’Université Duke à Durham (2015-17) ; au Savannah College of Art and Design (2012-13), et au New Orleans Museum of Art (2011). Odita est représenté par la Jack Shainman Gallery de New York.

Eileen Quinlan, née en 1972 à Boston, s’intéresse à la fausse transparence de l’image photographique en tant qu’elle est un miroir plutôt qu’une fenêtre. Elle utilise des appareils argentiques de moyen et de grand format pour créer des images abstraites. Ses expérimentations suivent un processus qui, à travers un nombre limité de matériaux et le recours à la répétition, interrogent et démythifient les circonstances de la création de chaque image, soulignant le caractère construit de la photographie. Les constructions obtenues s’inscrivent dans une gamme de genre qui va du quasi pictural au semi-abstrait, du documentaire au collage expressif. En 2019, l’Institute of Contemporary Art de Boston est le premier musée à lui avoir consacré une exposition personnelle. Sous le titre Wait For It, une première rétrospective de son travail a eu lieu en 2019 au Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen de Düsselforf. Quinlan est représentée, à New York, par la Miguel Abreu Gallery ; à Londres et à Paris, par Campoli Presti.   

David Reed, né en 1946 à San Diego, vit à New York. Sa peinture trouve son origine dans son obsession de la perception visuelle et son intérêt pour les différents courants de la peinture européenne et américaine, depuis la Renaissance italienne et le baroque jusqu’à l’expressionnisme abstrait, le pop art et le minimalisme. Pour peindre, Reed combine   techniques et concepts issus de la longue tradition de la peinture figurative avec les nouvelles problématiques — expressives, philosophiques — rendues possibles par l’abstraction. Afin de tester nos perceptions, ses tableaux associent des éléments disparates : les traces laissées par la brosse ou le couteau qu’il a manipulés, par exemple, voisinent avec les images de traces peintes à l’aide d’un pochoir numérique découpé au laser. Ses expositions personnelles les plus récentes ont eu lieu : à la Gagosian Gallery de New York (2020 et 2017) ; au Neues Museum de Nuremberg, en Allemagne (2019) ; au Kunstmuseum de Winterthour, en Suisse (2018) ; au Pérez Art Museum de Miami, en Floride (2016) ; au Museum Haus Lange de Krefeld, en Allemagne (2015).

Pieter Schoolwerth, né en 1970 à Saint Louis, est peintre, réalisateur et musicien ; il vit et travaille à New York. Sa peinture capte les flux invisibles de l’abstraction qui structurent l’expérience contemporaine pour en faire les motifs d’un nouveau type de figuration. Exposant internationalement depuis 1994, il est notamment connu pour avoir participé à des expositions de groupe au MoMA de New York et au Musée national d’art moderne (Centre Pompidou) de Paris ; son travail a aussi été présenté à l’Aldrich Museum of Contemporary Art de Ridgefield et à l’Institute of Contemporary Art de Boston. Une monographie consacrée à Schoolwerth, Model as Painting, a été publiée par Sequence Press en 2019. Une première rétrospective de son travail, organisée par Kathleen Rahn, s’est tenue au Kunstverein Hanover en 2020. Entre 2003 et 2013, Schoolwerth a dirigé la maison de disques Wierd Records et fondé la Wierd Party dans le quartier new-yorkais du Lower East Side. Il a ainsi édité la musique de quarante-six groupes et produit plus de cinq cents événements artistiques — concerts live, DJ et performances. Il est représenté par les galeries Kraupa-Tuskany Zeidler et Capitain Petzel à Berlin et par la Petzel Gallery à New York. 

James Siena, né en 1957, vit et travaille à New York et dans les Berkshires. Son art obéit à des règles préétablies qu’il qualifie d’ « algorithmes visuels » et qui donnent naissance à des   motifs géométriques très denses et colorés tracés à main levée. Il utilise divers médiums, dont la lithographie, l’eau-forte, la gravure sur bois et sur métal, le dessin et la peinture. Ses œuvres ont trouvé place dans de nombreuses et prestigieuses collections publiques et privées aux Etats-Unis, dont celles du Hammer Museum de Los Angeles; du Herbert F. Johnson Museum of Art d’Ithaca; du Metropolitan Museum of Art de New York; du Milwaukee Art Museum (Wisconsin); du Museum of Fine Arts de Boston; du MoMA de New York; du San Francisco Museum of Modern Art; du Whitney Museum, and de la Yale University Art Gallery. Il est représenté par la Pace Gallery de New York.