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Fabienne Dumont (née en 1972 à Montargis) est historienne de l’art, critique d’art et maîtresse de conférences HDR à l’Université de Rennes 2, spécialiste des questions féministes, de genre et queer articulées à une perspective culturelle, sociale et politique. Sa thèse est devenue un livre, Des sorcières comme les autres –  Artistes et féministes dans la France des années 1970 (PUR, 2014). Elle a édité l’anthologie La rébellion du Deuxième Sexe – L’histoire de l’art au crible des théories féministes anglo-américaines (1970-2000) (Les presses du réel, 2011) et codirigé deux projets collectifs, L’histoire n’est pas donnée – Art contemporain et postcolonialité en France (PUR, 2016) et À l’Ouest toute ! Travailleuses de Bretagne et d’ailleurs (Les presses du réel, 2017). En 2019, deux ouvrages dont elle a signé les textes ont accompagné une rétrospective de Nil Yalter au MAC VAL, dont elle était co-commissaire : Nil Yalter – À la confluence des mémoires migrantes, féministes, ouvrières et des mythologies (MAC VAL) et Nil Yalter – Entretien avec Fabienne Dumont (Manuella Éditions/Aware).

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Cathryn Boch (née en 1968 à Strasbourg) vit à Marseille. Elle travaille à partir de cartes routières, vues aériennes, relevés topographiques, ou plans d’occupation des sols qu’elle coud, dessine pour créer de nouveaux mondes. Les fragilités des différents supports papier et les proliférations de fils laissent paraître un environnement en pleine mutation. Elle confronte les territoires et l’impermanence des frontières, comme les préoccupations sociales, politiques, et écologiques qui s’y inscrivent. Pour Cathryn Boch les confins, démarcations de territoire-migrations-occupations-altérations sont autant de cicatrices en écho au chaos des métamorphoses humaines et planétaires à venir. En 2019-2020 elle est en résidence au Domaine de Kerguéhennec à Bignan qui lui consacre une exposition personnelle. En 2022, elle est résidence à la Cité internationale des Arts, Paris. Ses oeuvres sont présentes notamment dans les collections du Centre Pompidou, Paris, du FRAC Picardie et PACA, du FNAC, Paris et du MAMCO, Genève. Cathryn Boch est représentée par la galerie Papillon, Paris.

Ymane Chabi-Gara (née en 1986 à Paris) est peintre, elle vit et travaille à Boulogne-Billancourt. Elle est diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2020. L’isolement, la solitude, le corps en rapport avec le monde et la condition d’être social sont les sujets centraux des peintures d’Ymane Chabi-Gara. Elle représente des individus, seuls ou en groupes restreints, dans des univers et des situations miroirs de leur intériorité. Espaces domestiques et friches industrielles servent de support à la narration, guidée par des impressions formelles et colorées. Elle a reçu plusieurs prix internationaux tels que le Takifuji Art Award, Japon, 2020, le Prix Rose Taupin-Dora Bianka ainsi que le Prix Sisley pour la jeune création. Elle a été nommée en 2021 pour la Bourse Révélations Emerige. Sa première exposition personnelle a été inaugurée dans le cadre du Prix Sisley Beaux-Arts de Paris en 2021. Chabi-Gara est représentée par la galerie Kamel Mennour, Paris.

Nina Childress est née en 1961 à Pasadena, États-Unis. Peintre, elle vit et travaille à Paris où elle enseigne depuis 2019 aux Beaux-Arts. Après avoir été l’égérie du groupe punk Lucrate Milk au début des années 1980, elle intègre le collectif les Frères Ripoulin. Depuis lors, elle ne cesse de peindre, questionnant la norme et la subversion. Elle emprunte ses sujets et ses modèles aussi bien à la culture populaire ou savante, qu’à son histoire intime. Son oeuvre a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles importantes, notamment au MAMCO, Genève, en 2009, au Crac, Sète, en 2015, à la Fondation d’entreprise Ricard, Paris en 2020 et au Frac Nouvelle-Aquitaine en 2021 2022. Le livre en deux volumes, Nina Childress, 1081 peintures, paraît en 2021. Il comprend un catalogue raisonné et une biographie écrite par Fabienne Radi. Childress est représentée par la galerie Bernard Jordan, Paris et Nathalie Karg Gallery, New York.

Marie Docher (née en 1963 à Clermont-Ferrand) vit et travaille à Paris. Photographe et réalisatrice, elle est engagée dans la lutte pour la visibilité des artistes femmes et des artistes racisé·e·s. En 2014, elle crée le blog de recherche Atlantes & Cariatides et en 2018, la plate-forme d’entretiens visuelles.art : ce que le genre fait à l’art. Elle fait partie du collectif La Part des femmes qui se mobilise pour plus d’égalité et de diversité dans le champ de la photographie. Elle est autrice du livre paru en 2014 aux éditions iXe, Alors je suis devenue une Indien d’Amérique… Ses photographies ont été exposées dans le cadre d’expositions personnelles et collectives aussi bien récemment à Arles en 2021 qu’au Musée FrontFeste à Salzbourg, Autriche ou à Tokyo, Japon à la MYD Gallery en 2018 et à la 916 Gallery en 2014. Docher est également contributrice pour La Déferlante, revue consacrée aux féminismes et au genre. En 2021, elle est l’une des lauréat·e·s de la première commande photographique destinée aux photojournalistes (BnF, ministère de la Culture).

Marlene Dumas est née en 1953 à Cape Town, Afrique du Sud. Elle vit depuis 1976 à Amsterdam, aux Pays-Bas. À travers ses peintures et ses oeuvres sur papier, Dumas explore la thématique du corps humain qui lui permet de traiter des thèmes essentiels de la vie – la guerre, la religion, la sexualité, l’amour ou la haine – ainsi que des questionnements liés à sa propre histoire : le monde de l’art, le racisme et l’Afrique. Volontairement épurés, ses tableaux sont d’une grande force expressive. Ces quinze dernières années, son oeuvre a fait l’objet d’expositions personnelles majeures dont, en 2021 au Musée d’Orsay, Paris et à la Tate Modern, Londres, à la Fondation Beyeler, Bâle en 2015 et au Stedelijk Museum, Amsterdam en 2014. En 2022, le Palazzo Grassi, Venise présente une exposition majeure de ses oeuvres, Marlene Dumas: Open-end. Elle est représentée par Zeno X Gallery, Anvers, Frith Street Gallery, Londres, Gallery Koyanagi, Tokyo et David Zwirner, New York.

Natacha Lesueur (née en 1971 à Cannes) vit et travaille à Paris. Elle a étudié à la Villa Arson à Nice. Son oeuvre depuis 1993 est essentiellement photographique. Le monde hybride de Natacha Lesueur est une machine à dérégler les stéréotypes, ceux qui affligent les femmes comme ceux qui circonscrivent la photographie. Par divers procédés d’empreinte, de collage, de greffe, elle subvertit ses personnages et ses pseudo-portraits en y introduisant l’étrangeté incongrue des chimères. Ses oeuvres se situent au confluent de la peinture, de la sculpture et de la performance. Lauréate du prix Ricard en 2000 et pensionnaire de la Villa Médicis en 2002-2003, Natacha Lesueur a exposé dans de nombreux pays en Europe, aux États-Unis, en Corée et en Chine. En 2021 2022, la Villa Médicis, Rome présente une exposition rétrospective de son travail et publie une monographie importante. Elle est représentée par la galerie Eva Vautier, Nice et la galerie Clara Maria Selz, Düsseldorf.

Deborah de Robertis est née en 1984 au Luxembourg. Vidéaste et performeuse, elle vit et travaille entre la France, Bruxelles et le Luxembourg. Ses performances s’inscrivent dans l’histoire visuelle de l’art féministe, formulant un discours à partir de la matérialité du corps identifié comme féminin. Sa démarche consiste notamment à donner une nouvelle interprétation aux modèles des tableaux ou photographies produisant une sorte d’image incarnée. Chez De Robertis, la nudité est considérée comme l’interprétation esthétique/politique d’une oeuvre artistique, ou, plus précisément, du sujet féminin de cette oeuvre (le modèle) et de son rapport au public. Deborah de Robertis a réalisé de nombreuses performances en Europe, entre autres en 2016 au Musée d’Orsay devant l’Olympia d’Édouard Manet, en 2017 au Louvre devant La Joconde de Léonard de Vinci, en 2018 à Lourdes et sur les Champs-Élysées.